Dans Flux coloré 1, Steve Pitocco explore les limites du geste libre, du rythme et de la couleur. La forme, sculptée et découpée avec précision, semble flotter sur le mur, projetant une ombre colorée qui prolonge son mouvement au-delà du support.
Au cœur de cette œuvre, on retrouve ce qui fait la singularité de l’artiste : le filing. Ce tracé fluide, ininterrompu, presque calligraphique, devient ici une matrice vibrante dans laquelle la couleur s’insère avec intensité. Rouge, vert, violet, jaune : chaque nuance répond à l’autre, sans jamais rompre la continuité.
Le résultat est organique, presque musical. Un dialogue entre surface et profondeur, entre lumière et rythme. Loin de la frontalité d’un tableau classique, cette œuvre s’envisage comme un objet d’art mural, à mi-chemin entre peinture et sculpture.
Flux coloré 1 affirme avec justesse une position artistique contemporaine : celle d’un artiste issu du graffiti, mais affranchi de ses codes. Une œuvre résolument plastique, à la fois spontanée et maîtrisée, qui s’inscrit dans la continuité des grands gestes abstraits — tout en gardant une signature profondément personnelle.